Témoignages de parents

0

Retrouvez ici le témoignage de parents qui ont été accompagnés au Nid.

 

• Nancy N. : « L’accompagnement global a été une chance unique d’être entendue et respectée dans mon projet de naissance ».

Après avoir fait l’expérience du suivi et de l’accouchement conventionnels pour mon premier enfant, je me suis orientée vers l’accompagnement global lorsque j’ai appris que j’étais à nouveau enceinte.

Pour le suivi de cette deuxième grossesse, je ne souhaitais pas avoir affaire à des interlocuteurs différents. J’avais envie d’être accompagnée par une seule et même personne pendant neuf mois et savoir avec précision qui serait présent le jour de mon accouchement.

L’accompagnement global m’est apparu comme une chance unique d’être entendue et respectée dans mon projet de naissance. La sage-femme qui me suit me connaît. Elle sait exactement ce à quoi j’aspire. Elle prend totalement en compte mes attentes, mes inquiétudes, mon niveau d’information, la façon dont j’envisage la naissance…
Au moment de l’accouchement, je n’aurai pas besoin de me re-présenter ni de ré-expliquer mes choix et intentions auprès d’une équipe que je ne connaîtrais pas forcément. Au contraire, je pourrai me concentrer pleinement sur ce que j’ai envie de vivre et sur l’accueil de mon bébé.

Mon souhait est d’accoucher de manière physiologique, dans l’intimité, avec le moins d’interventions médicales possibles. La Maison de Naissance me permet de rendre ceci possible.
Je vais donner la vie aux côtés de ma sage-femme et de mon compagnon, dans le respect de mon rythme et avec la liberté de choisir la position qui me convient le mieux.
Je suis très heureuse de pouvoir vivre mon accouchement de cette manière. Cela me permet d’aborder/anticiper ce moment avec sérénité.
Le fait que la maison de naissance se trouve dans l’enceinte de la maternité régionale participe à ma tranquillité d’esprit. Je sais que s’il y a le moindre problème, je serai immédiatement prise en charge médicalement. Cette sécurité est rassurante. Mais tant que tout se passe bien, je souhaite vivre mon accouchement tel que je l’ai choisi et dans la conscience que ce moment unique m’appartient pleinement.

 

• A. : « Une histoire de vie puissante et merveilleuse ».

La naissance, une histoire de vie puissante et merveilleuse. À la fois mystérieuse et limpide.
Une rencontre et une découverte inoubliables qui restent uniques et si précieuses.
Être en phase avec ses sensations, son corps, son vécu permet d’être pleinement en accord avec soi-même et sa vie. La maison de naissance nous a permis cela. L’accouchement respecté reconnecte avec son corps et ses capacités. Il permet de retrouver confiance en soi et de créer un lien très particulier, fort et durable avec son nouveau-né.
La naissance respectée de notre enfant, en maison de naissance, reste à jamais gravée dans nos mémoires et dans nos coeurs.  Et pendant les moments difficiles une image me revient et m’apaise instantanément. Dans l’eau entourée par les bras aimants de mon mari et la présence réconfortante de notre sage-femme, notre merveille est là, le temps est suspendu, la douceur et la sérenité ont envahi la pièce, tout va bien…
Et dire qu’on a la chance de pouvoir revivre ce moment si intense dans quelques semaines! Grâce à la maison de naissance et au respect qu’elle permet,  l’accouchement et tout son travail est attendu avec impatience!!

A.

• Camille : « Nous relier à l’essentiel ».

Notre cocon familial a toujours été bercé par la confiance en la nature, cette impression que celle-ci est bien faite tout simplement ! Nos ascendants ont pu nous le prouver si souvent…
Elle nous relie à l’essentiel et nous a permis avec mon conjoint de vivre l’histoire unique de la première rencontre avec notre bébé à la maison de naissance. Quelle belle expérience !
L’accompagnement global à la naissance m’a fait évoluer un peu comme une un arbre ou une graine qui se développe un peu plus chaque jour pour gagner en maturité. Ceci m’a procuré une joie immense, la magie de la nature a opéré et la naissance a été sublime !
La symbiose avec les sages-femmes ainsi que les émotions m’animent encore aujourd’hui, je souhaite à chaque femme de vivre l’expérience d’une belle naissance qui lui colle à la peau comme la nôtre.
Cette ‘éclosion’ a marqué notre vie familiale et nous permet d’avoir confiance en nous pour nos expériences futures, que du bonheur, encore mille mercis !!
Camille

• Magali : « Je suis fière de t’avoir mise au monde ».

Le temps fait son œuvre. Il passe, nous bouscule, nous fait évoluer, nous vole certains souvenirs mais nous étonne parfois de ces sensations qu’il nous laisse, presqu’intactes. De ces sensations magiques qui nous rappellent à quel point nous avons pu être vivants.
Vivantes …
A ce moment précis où l’effort s’achève, après une longue attente, un travail acharné, le travail de ma vie, je te sens, là, qui laissera à jamais trace de ton passage. Cette sensation incroyable, inoubliable, de ton corps qui me traverse pour se livrer au monde. Dans cet effort ultime, je te sens, ma fille.
Ce passage, c’est aussi notre première séparation. Mon corps entier t’accompagne à ce qui sera ton premier souffle. Tu as fait ton passage. Tu traces déjà ton chemin.
Et moi je suis là, plus de quatre ans après, à me souvenir. A sourire de sentir mon cœur qui palpite d’amour rien qu’en me rappelant ce moment. Cette empreinte d’amour absolu, celui d’une mère qui accompagne son enfant à naître. Cette empreinte qui me rappellera toujours le texte si juste de Khalil Gibran.
Je suis si fière de t’avoir mise au monde, ma belle, ma si précieuse enfant. Je suis fière de garder au plus profond des souvenirs de sensations cette trace-là, celle du passage de ta vie dans la mienne, qui me fait prendre conscience, lorsque je me la remémore, à quel point j’ai pu être vivante…
à quel point je suis vivante.
Magali

« Et une femme qui portait un enfant dans les bras dit, 
Parlez-nous des Enfants.
Et il dit : Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, 
pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux, 
mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.
Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance 
pour que Ses flèches puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie;
Car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable.
(extrait du recueil Le Prophète – Khalil GIBRAN)

• Pamina : « Bienvenue dans notre monde ».

Bienvenue dans notre monde !

⁃ Toc, toc, toc : c’est l’heure
⁃ Non, je ne veux pas sortir
⁃ Toc, toc, toc : c’est l’heure !
⁃ Non ! Je ne veux pas sortir
⁃ Toc, toc, toc : maintenant, tu dois sortir mon chéri, autrement tu vas être secoué très fort !
⁃ Ah bon ??? … Même pas peur !
⁃ Bon, et bien accroche-toi bien mon petit
⁃ Wooow ! Qu’est-ce que c’est ? Je suis balloté dans tous les sens !
⁃ Ce sont les hormones qu’on m’a donné pour t’aider à sortir mon chéri. Accroche-toi !
⁃ Oh là là, je suis pressé de partout ! … Eh ! Je me sens tout bizarre maintenant…
⁃ Tu ressens les effets de la péridurale. Comme le déclenchement d’hormones était trop puissant, je l’ai demandé pour me soulager…
⁃ Je ne sens plus rien… Maman, tu es toujours là ?
⁃ Oui, oui, ne t’inquiète pas, je me repose un peu avant que tu ne sortes.
⁃ Je vais sortir ?
⁃ Eh oui, il faut bien !
⁃ J’ai l’impression qu’il y a un vide qui s’est fait autour de moi… Je me sens aspirer vers l’avant… Ou plutôt pousser par l’arrière… Je ne sais pas trop en fait, mais je bouge, ça c’est sûr.
⁃ Oui, je te pousse vers la sortie mon chéri…
⁃ Je sens une légère pression sur mon crâne, là. Et j’ai un peu froid à cet endroit.
⁃ Tu as la tête qui est en train de sortir, mon chéri !
⁃  ??? Ooooh, c’est froid ! Je suis saisi ! Je me sens lourd ! Qu’est-ce que c’est ? Maman ? Maman, j’ai peur ! Ça me fait mal dans les poumons ! Aïïïïe…
Ah…, je sens quelque chose de chaud : c’est douillet, c’est agréable… Je perçois une très faible lueur, c’est étrange, je n’ai jamais vu ça avant…
⁃ Mon chéri, tu es dehors, contre moi. Tu es sorti très vite, c’est pour ça que tu as eu peur. Et la sensation que tu as eu dans les poumons, c’est l’air que tu as inspiré pour la première fois. Tu vas t’y habituer. Mais maintenant tu peux te reposer sur moi, au chaud. Si tu fais attention, tu vas entendre les battements de mon cœur qui vont te bercer.
⁃ Je me sens tout-chose… Heureusement que tu es là, maman ! Je t’aime !
⁃ Moi aussi je t’aime, mon chéri. Et bientôt, tu vas faire la connaissance de ton papa qui va te prendre dans ses bras. Lui aussi, il t’aime très fort.

Bienvenue dans notre monde !

Pamina

 

Ô, Toi mon tout petit
Je t’ai porté neuf mois durant.
Ce n’était le plus éprouvant
Mais comment, de mon ventre, tu es sorti.
Après une interminable attente
Dans une chaleur très éprouvante
Tu es arrivé avec soudaineté.
De ça, pour toujours j’en ai été marquée.
Cette empreinte a touché mon corps,
Mon esprit et toute mon âme.
Une transformation en or
S’est produite, comme pour toute femme.
Ô, Toi mon tout petit
Tu as changé ma vie !

 

 

• Alexandra : « C’est un accompagnement qui m’a transformée et que je souhaite à toutes les futures mamans ».

J’étais supposée accoucher à la maison de naissance, mais cela n’a finalement pas été possible pour des raisons médicales.
J’ai toutefois pu bénéficier de l’accompagnement de Laure et Isabelle pendant toute ma grossesse et cela fut un cadeau merveilleux.

Leur disponibilité, leur bienveillance, la finesse et la justesse de leurs éclairages m’ont apporté tellement plus qu’un simple suivi médical ! Ce fut un soutien précieux pour vivre ces 9 mois intenses physiquement et émotionnellement.

Aux côtés de Laure et Isabelle, j’ai pu explorer tout ce que la grossesse éveillait en moi. Nos rendez-vous ont été un espace sécurisé pour visiter et surmonter mes peurs, pour découvrir mes forces et mes ressources, pour développer ma confiance en mes capacités de femme et de mère…

C’est un accompagnement qui m’a transformée et pour lequel j’ai une infinie gratitude. Je le souhaite à toutes les futures mamans !

 

• Juliane : « Notre démarche a été respectée et nos sages-femmes ont fait preuve d’une grande écoute ».

En étant suivis par les sages-femmes de la maison de naissance, nous avons été pleinement acteurs de notre projet de naissance. Notre démarche a été respectée et nos sages-femmes ont fait preuve d’une grande écoute.
Le Nid propose un cadre simple et accueillant. Le jour venu, c’était un lieu familier. Cela nous a permis d’être en confiance et sereins lors de la naissance de notre fille.

 

• Charlotte : « Que dire si ce n’est l’immense joie et la chance d’avoir été si bien accompagnés dans le plus beau moment de notre vie ! »

Choisir le Nid, c’était au départ choisir l’intimité et la simplicité… Au fur et à mesure de nos échanges lors des préparations à la naissance, on a aussi trouvé la complicité avec nos sages-femmes, le respect, la bienveillance. Tout a été fait pour que chacun trouve sa place dans cette nouvelle famille que nous étions en train de construire, et je sais combien c’était précieux pour moi comme pour Greg. Les mois passent, la confiance s’installe, la sérénité aussi, puis vient l’impatience… Et puis un jour pas comme un autre, mon corps m’a dit « ça y est, elle est imminente, notre belle rencontre »… Alors on prend le chemin du Nid, on rentre dans ce lieu qu’on connait bien, comme toutes les fois précédentes, on pousse la porte, on s’installe dans la chambre, sauf que là, tout est différent…

Les regards, les sourires qu’on échange disent la magie de l’instant… Une belle soirée de fin d’été, le silence ou presque, puis de la musique… Le reste c’est un souvenir vaporeux d’une nuit intense… Mes sons graves, la chaleur enveloppante de l’eau, ces moments où j’ai douté, les paroles encourageantes de ma sage-femme et de mon amoureux… Leur confiance en moi quand j’en manquais… Et au petit matin, notre petit garçon qui rejoint le monde, dans la douceur, ses yeux dans les nôtres, notre émerveillement à tous… Puis le jour qui se lève, la bonne humeur, les croissants, le Nid qui s’anime à nouveau…Et le retour à la maison pour cette nouvelle vie à 3.

Que dire si ce n’est l’immense joie et la chance d’avoir été si bien accompagnés au plus beau moment de notre vie. Du fond de notre coeur, merci…

 

• Florian : « Quel bonheur, quelle attente ! »

Le 1er avril 2018,

Quel bonheur, quelle attente ! Se préparer à t’accueillir a été pour moi une fabuleuse expérience. A peine là, tu me faisais déjà grandir. L’accompagnement que nous avons eu avec Laure, Muriel, nos proches, toi, m’ont aidé à devenir père, nous ont aidé à devenir une famille, à passer au-delà de mes peurs, à faire confiance en toute chose. Merci de m’aider à grandir.
Je me souviens très bien des moments où nous avons appris que tu étais là dans le ventre de maman, un samedi matin avant de partir rejoindre la famille de maman pour le week-end. La nouvelle a été confirmée ensuite le mercredi suivant. Je me vois encore appeler David depuis le parking de l’unité de Tomblaine pour qu’il m’autorise à rentrer plus tôt pour retrouver maman et appeler le labo…
Mais si je n’avais à retenir qu’un seul moment (d’ailleurs, j’ai une petite montée d’émotion en y repensant à l’instant), c’est bien lors de notre première séance d’haptonomie. Ce jour-là, tu es entrée (presque) « brutalement » dans ma vie. Tu m’as mis un uppercut qui d’un bond, d’un seul, m’a rendu papa. Je me vois encore poser ma main sur le ventre de maman, aller jusqu’au fond, avoir l’impression de sentir quelque chose, et… Finalement, ce n’est pas qu’une impression… Quand j’ai remonté la main, je t’ai senti arriver dans ma main, et t’y lover (?). Je ne sais pas quelle tête j’ai fait, mais j’ai vu maman pleurer. Muriel aussi était touchée, bien qu’elle doive avoir l’habitude de ce genre de séquence.

Revenons en maintenant au projet initial. Après tout, il s’agit de raconter le jour de ta naissance. Alors, du coup, je vais déjà commencer par le jour d’avant et quelques éléments de contexte. En effet, ils sont importants pour moi. Je vivais alors une période compliquée au travail, avec un jeune qui mettait très sérieusement en danger certains éducateurs, et cela demandait énormément d’énergie à David et moi pour trouver des solutions. David devait d’ailleurs profiter d’un long week-end à partir du vendredi après-midi, avant d’être toujours disponible pour que je sois prioritaire pour ton arrivée initialement prévue le 9 octobre.
Ce jeudi-là, j’étais rentré claqué. J’avais sans doute juste envie de me poser, et certainement pas de discuter. Maman étant en arrêt, ce n’était certainement pas facile pour elle de ne pas pouvoir profiter de mon retour. En tout cas, ce soir-là, je ne me sentais pas en capacité de reprendre la conversation sur le prénom que tu aurais eu si tu avais été un garçon, et que nous avions déjà eu bien du mal à trouver. J’ai été sec, cassant, pas accueillant du tout. Au point que je me suis couché avec l’espérance que tu ne pointerais pas le bout de ton nez de la même manière, après une grosse journée qui aurait affecté ma disponibilité.

Et ça n’a pas loupé. Tu l’as même très bien joué. Dès le lendemain matin, quand je me suis réveillé à l’heure habituelle pour me rendre au travail, maman m’attendait assise sur le lit, avec un drôle de sourire. Quand je lui demande ce qu’il se passe, elle me répond qu’elle pense avoir des contractions et qu’il y avait des chances que ce soit pour maintenant. Je n’en reviens pas, on est le 23 septembre, tu as un peu d’avance quand même. Je pense au week-end de David, et puis finalement, surtout à rien. En tout cas, je suis disponible, et on est prêt tous les deux.
Il est tôt, nous décidons que je me prépare comme pour aller au travail avant d’appeler Laure. Je prends ma douche, prépare mon café, mais je ne tiens pas en place. J’ai besoin de savoir. Je reviens dans la chambre avec mon café et on appelle Laure. Un court échange où on comprend qu’il y a des chances que l’on se retrouve à la maison de naissance dans la matinée. Elle me dit d’ailleurs que je peux bien sûr me rendre au travail mais qu’il y avait de fortes probabilités que j’en revienne vite. J’étais pris dans une espèce de culpabilité à l’égard de David qui ne pourrait pas partir aussitôt pour son week-end et qui aurait seul à gérer les difficultés du moment.
Laure nous dit alors qu’elle part emmener ses enfants à l’école, nous donne rapidement ce qu’il faut préparer pour la maison de naissance et l’on raccroche.
J’appelle aussitôt David, qui m’ordonne de ne penser qu’à moi, qu’à nous… Quel chef ! Quel ami ! Je retire alors ma chemise rapidement, pour m’habiller en plus décontract, prêt à faire du sport 😉.
L’excitation monte. Je rassemble les affaires rapidement (peut-être même trop rapidement puisque j’en ai oublié des papiers importants qui auraient pu provoquer pour moi un aller-retour à la maison si Laure n’avait pas été là pour dire que ce n’était pas trop grave à la mat’). Je suis impatient d’en savoir plus, d’en passer à une autre étape.
Laure nous rappelle alors : elle vient aux nouvelles, nous indique qu’elle part en consult’, et se tient à notre disposition pour savoir quand on se retrouve à la maison de naissance. Elle invite maman à prendre un bain. Ne tenant pas en place, et déjà lavé, je ne me joins pas à elle. J’ai l’impression que je dois penser à autre chose. Je lance un spectacle de Florence Foresti, va savoir pourquoi, à la télé pour occuper mon esprit. Ça ne marche pas tant que ça puisque je n’en garde aucun souvenir. Je me suis promis de le revoir ce spectacle. Ça me ramènera à ce matin-là avec plaisir.
Je me souviens aussi avoir reçu un appel sur le fixe de l’appartement. C’étaient Papou et Mamine qui devaient passer dans l’après-midi voir maman. Ils ont vite compris qu’il se passait quelque chose, puisque j’étais à la maison alors que j’aurais dû être au travail. J’ai donc prévenu aussi Papi et Grany qu’ils allaient sans doute être de nouveaux grands parents dans les heures qui suivront.

Je ne me souviens plus comment on a fini par décider de partir mais je nous vois descendre les escaliers avec notre gros sac, la nacelle et notre plat d’endives au jambon déjà entamé la veille… Bah oui, on croyait avoir plus de temps pour préparer les affaires, sinon la valise aurait été impeccable évidemment 😊.

Je me souviens du trajet et de notre arrivée à la maison de naissance. On a de la chance : le vendredi après-midi, c’était le jour des consultations de Laure, donc nous n’avons pas à faire annuler ou reporter d’autres ateliers ou cours de préparation. On entame les préparatifs, Laure fait quelques examens auprès de maman, on échange sur notre état. J’observe intensément le visage de maman, et celui de Laure quand elle l’ausculte. Je m’inquiète si une grimace apparaît lors d’une contraction. Mais l’une des grandes forces de Laure est la sérénité. Elle ne laisse rien paraître si ce n’est à table, alors que nous sommes en train de refaire le monde tandis que maman se redresse à chaque contraction. AU bout d’un moment, Laure annonce qu’il y a de grandes chances que tu aies bien ta date de naissance rien qu’à toi. Eh oui, c’est peut-être bête mais nous étions inquiets de savoir que tu naisses le 24 alors que tatie Noémie et tonton Pierre sont déjà nés ce jour-là.

Les heures passent et les contractions se suivent. Je participe comme je peux dans la chambre pour soulager maman, qui est très concentrée sur ce que vous êtes en train de vivre toutes les deux. En milieu d’après-midi, Laure nous propose de partir nous promener. Ce que nous faisons alors dans le parc en face de la maternité. Maman faisait des pauses de temps en temps avec toi en se tenant le ventre. On pouvait encore discuter à ce moment-là.
Une demi-heure plus tard, nous étions de retour dans la chambre, heureux d’avoir pu vivre ce temps que nous n’aurions pu avoir nulle part ailleurs.
Vers 16h30, maman perdait les eaux. Je n’ai jamais su vraiment ce que ça signifiait. En tout cas, je me souviens très bien ce que c’est de le voir et surtout l’entendre. Une sensation que je retiens d’autant que Laure nous a raconté une anecdote intrigante pour nous signifier que quelques minutes auparavant nous étions en pleine rue, et que ça n’arrivait jamais aux femmes de perdre les eaux dans des espaces publics.

A partir de là, j’ai encore vécu des moments d’une plus rare intensité. Je pense que les minutes se rallongeaient, on voyait petit à petit le soir tomber, la chambre entrer dans la pénombre. Je voyais maman se concentrer davantage, je me rappelais tous les temps passés en préparation pour tenter de la soulager, de vous aider toutes les deux à partager ce chemin, sans être trop intrusif. On pourrait penser que c’est compliqué, mais avec ta maman, tout est plus facile. J’avoue malgré tout que mes peurs étaient présentes pour vous deux. J’ai bien compris que parler devenait pour elle compliqué, elle était tournée vers son ventre, et moi aussi. J’étais malgré tout en confiance. Nous écoutions Yiruma. Laure passait fréquemment, prenait le relais. Durant toutes ces heures, je ne suis sorti qu’une seule fois de la pièce pour prendre un verre d’eau et manger quelques grains de raisin.
Vers 19h, d’après Laure, puisque nous ne regardions absolument pas l’heure, la sage-femme de la deuxième équipe est arrivée. Elle nous a proposé de la rencontrer au moment où nous préférions. Nous sommes restés concentré sur le chemin que tu empruntais.

Et finalement, vers 20h30 (nous ne l’avons appris que plus tard quand il a fallu remplir les papiers administratifs tellement nous étions hors du temps), alors que Laure venait de quitter la pièce, maman m’avertit qu’elle sent que cette fois ça y est, tu arrives. Elle me demande si je veux te récupérer. J’avoue sur le moment avoir ressenti une intense montée de ce paradoxe entre peur et confiance. J’essaie d’appeler Laure mais en fin de compte, je me retiens. On est là, tous les trois, prêts depuis longtemps à se rencontrer. J’essaie de m’approcher pour t’accueillir, mais je n’y arrive pas. J’ai honte. Et je te vois apparaitre. Je ne sais plus si je pleure. Je dis à maman que je n’y arrive pas, j’ai peur. Maman m’embrasse alors, et me dis « ne t’inquiète pas ». Je la vois se pencher et tendre les mains. L’instant d’après, tu es là, posée sur sa cuisse. Là, c’est sûr, je pleure. Je tourne la tête et je vois Laure qui est à l’entrée de la pièce, qui nous dit joyeusement quelque chose comme : « oh, mais c’est qu’il y a un nouvel occupant dans cette pièce ». Et l’air de rien, je l’ai quand même sentie ensuite se précipiter vers toi, pour engager les premiers soins. Je ne me souviens plus alors si tu avais crié ou pas. Mais tout ce qui a suivi a été très rapide. Entre magie et médical. Maman était affaiblie. Elle a pu s’allonger et te tenir serrée contre elle.
Notre premier contact à tous les deux est venu juste un peu plus tard. Pour moi, tout est confus. Je ne sais plus quand tu as tété pour la première fois, quand je t’ai coupé ton cordon ombilical, quand je t’ai habillé, si c’était le soir ou le matin. Je me souviens surtout que j’ai foncé sur le lit quand Laure a proposé que je te prenne pendant qu’elle auscultait maman. Je peux t’assurer que je me suis vite retrouvé sur le dos, torse nu, prêt à t’accueillir.
Je me souviens aussi du moment où Catherine, la deuxième sage-femme, est finalement entrée dans la pièce.
Je me souviens aussi que nous avons mis un certain temps avant même de s’intéresser au fait de savoir si tu t’appellerais Judith ou …. Je crois même que c’est Laure qui a posé la question de savoir si tu étais une fille ou un garçon. Pour nous, peu importait alors. Tu étais là, et c’était tout ce qui comptait.
Je me souviens être sorti au bout d’un moment, une fois que tu étais de retour avec maman, pour prévenir tes grands-parents et tes oncles et tantes de ta naissance. Je me souviens ensuite avoir partagé un grand plateau de sushis avec Laure et Catherine, encore sous le choc des merveilleux moments vécus. Ce n’est même plus une question de fatigue. De nous tous, tu devais bien être la plus fatiguée. Quelle aventure ! Nous avons fini par sombrer. Vers 2h du matin, Laure est partie, laissant Catherine seule avec nous. Toi, tu dormais juste à côté de maman. Moi, je réalisais à peine ce que nous venions de vivre.

Et le lendemain, une autre vie qui commence : retour de la lumière, du soleil. Catherine auprès de moi pour te changer, maman qui reste au lit, Laure qui revient en milieu de matinée pour reprendre des consultations. Je croise les futurs parents, alors que je me balade pieds nus, dans mon jus des efforts fournis la veille dans la maison. Je pense déjà à la chance qu’ils vont avoir de vivre les moments merveilleux qui viennent de se finir pour nous. Je me souviens tout fier dire à la boulangère que ma fille est née hier soir. On accueille Papou, Mamine, et Timothée qui viennent te voir avant de partir en week-end. Ils nous ramènent un plat pour ne pas avoir à cuisiner en rentrant. On l’a savouré ce gratin. Je me revois faire la vaisselle, re rassembler les affaires pour faire le chemin en sens inverse mais cette fois avec toi dans la voiture. Je me souviens avoir missionné Tim pour qu’il nous rapporte deux-trois affaires quand il repassera te voir dans l’après-midi. Je me souviens avoir eu pour la première fois envie de tuer quelqu’un en entrant dans Pont-à-Mousson pour un coup de klaxon qui t’a réveillé. Je me souviens de la victoire de Lens à la dernière minute dans le derby contre Valenciennes alors qu’ils jouaient à 10 contre 11, et que maman dormait à côté de nous et que toi, tu dormais dans mes bras.

Ta longue sieste m’a permis de finir ce récit.
Ce sont ici nos premiers souvenirs ensemble. Je suis heureux de te les partager maintenant.
Je t’aime.

Papa

 

• Marie : « Je suis dans ma bulle, comme en transe où je suis connectée à ce que je vis en profondeur »

Alors que Florian travaille, que l’école a repris, je suis en congé maternité et j’essaye de m’occuper, de rythmer mes journées, elles sont parfois longues avant le retour de Florian. Le 22 septembre, je choisis dans l’après-midi d’aller me promener et lire sur un banc en bas de chez nous. Ce n’était pas loin mais je sens que quelque chose se passe dans mon ventre lors de la marche. Je ralentis. Cela ne m’inquiète pas, on approche doucement de la date du terme (le 9 octobre). Ce que je ne sais pas encore, c’est que j’accoucherai le lendemain.
Il est aux environs de 6h30 et une douleur dans mon ventre me sort de la nuit et m’empêche de rester allongée. Mon corps réagit et je me retrouve assise alors que je me réveille doucement. Marmotte que je suis, je me dépêche de m’allonger une fois la douleur passée, mais encore une fois, mon ventre joue des siennes et la position couchée n’arrange pas les choses. Ma tête commence à se réveiller et je prends doucement conscience que c’est peut-être le signal que bébé veut sortir. Je suis en confiance et joyeuse à l’idée que c’est sûrement le bon jour. Je reste dans le lit, assise, sans réveiller Florian. Il me dira toujours que je l’ai accueilli de son sommeil avec un grand sourire : « Je crois que j’ai des contractions. » Une petite phrase chargée de sens par ce qu’elle entraine : le début de la vie à trois, l’aventure de la naissance et de la Vie !
Mais, est-ce vraiment cela ? Pour aujourd’hui ?
Si c’est aujourd’hui, ce sera chouette, c’est Laure d’astreinte. =)
Florian part prendre sa douche pour se préparer à aller au travail. On ne sait jamais, et si c’était une fausse alerte ? Nous attendons 7h30 pour appeler Laure et lui décrire la situation. On entend son sourire au téléphone. « Au fait Laure, pourrais-tu nous envoyer par mail la liste des affaires à emmener à la maison de naissance ? » C’est l’heure pour elle d’emmener ses enfants à l’école et de s’organiser pour changer les plans de sa journée pour pouvoir se rendre disponible pour nous. Elle nous donne rapidement les principales affaires à ne pas oublier pour, surtout nous sentir bien sur place. De toute façon, rien n’est grave avec Laure et tout a toujours une solution. Florian finalement ne partira pas au travail pour être présent, merci David ! Au fond de lui, quand même, il espère que l’accouchement sera bien imminent et qu’il ne sera pas resté « pour rien » alors que les équipes au boulot ne vont pas très bien. La matinée déroule son fil et nous prenons le temps avec les contractions. Je prends un bain pour me détendre, Florian regarde Florence Foresti, un spectacle d’occasion puisqu’il parle de la vie des parents, je m’assois sur le ballon à côté de lui après le bain, il prépare les affaires à emmener. Les contractions sont bien présentes et m’empêchent de regarder l’écran mais elles sont supportables. Je souffle, je me concentre.
Finalement, le plat d’endives au jambon qui reste de la veille sera bien pratique pour ce midi. Vers 10h, Laure appelle pour prendre des nouvelles, elle attend notre top départ pour se rendre à la maison de naissance et pouvoir nous accueillir. Nous y serons vers midi. Nous sommes apaisés, bien dans ce que nous vivons. Sur le trajet en voiture, nous parlons du choix des parrain-marraine qui n’est pas encore défini. Arrivés au nid pour naître, je me rends compte que Laure m’avait envoyé plus tôt un message pour que nous puissions choisir la chambre. Nous choisissons la chambre verte. La baignoire est dans l’autre chambre mais nous nous sentons tous les deux mieux dans la verte pour sa déco, son ambiance. Après un premier examen par Laure, (ils ne seront pas nombreux) nous mangeons. Florian et Laure refont le monde et moi je n’arrive même pas à suivre la conversation. Je participe de temps en temps en posant des questions mais ma concentration sur ces vagues de contractions m’empêchent d’écouter les réponses. Je les laisse et m’éclipse parfois dans le hall ou le salon pour vivre ces contractions plus librement. Je souffle, j’inspire.
« A ton avis, Laure, ce sera pour quand ? Aujourd’hui ou demain ? Mon frère et notre belle-sœur fêtent leur anniversaire demain. » Est-ce que notre bébé aura sa propre date d’anniversaire ou la partagera avec son oncle et sa tante ? Nous avons évoqué cette question deux fois dans l’après-midi avec Laure. La première fois, Laure ne s’était pas avancé mais la seconde, en voyant les contactions prendre de l’ampleur, elle avait parié sur une naissance le jour-même. Et elle avait eu raison.
Vers le milieu d’après-midi, Laure nous propose d’aller nous promener dans le parc un peu plus bas. Nous avons la chance d’un super soleil. Moi qui vivais les contractions complètement, en soufflant, grimaçant et m’arrêtant. Je sens que maintenant à l’extérieur, Florian est un peu gêné. Je comprends et j’arrive davantage à me contrôler. Nous prenons le temps de faire deux tours du parc et nous savourons ce moment à deux ou plutôt à trois car bébé est bien présent et son arrivée se fait doucement sentir. Nous savons que nous vivons un moment un peu fou. Etre dans un parc à se balader main dans la main et savoir que nous serons bientôt trois. Ce qui est sûr, c’est que nous avons réussi tout au long de la grossesse jusqu’à la naissance à vivre les choses telles qu’elles venaient, à vivre au présent, à ne pas être pressés que le temps passe. Nous étions en phase avec ce que nous vivions et c’était principalement grâce à cette superbe préparation à la naissance, aux sages-femmes qui nous accompagnaient et à ce beau lieu qui allait être notre nid pour cette expérience de Vie magnifique.
En rentrant à la maison de naissance vers 16h30, je perds les eaux dans la chambre. Je comprends à ce moment-là qu’une autre étape est franchie. Nous nous amusons de cette coïncidence d’être à peine rentrés de la promenade mais Laure nous apprend qu’elle n’a jamais entendu une femme perdre les eaux « à l’extérieur ». La nature est vraiment bien faite, c’est notre inconscient qui s’exprime et notre corps qui réagit à notre environnement et à notre confiance.
Je sens alors que la poche des eaux n’est plus là pour amoindrir les contractions et pour les faire rebondir. Elles sont plus intenses. La protection d’eau ne fait plus carapace autour du bébé. Nous commençons à nous installer pour laisser travailler ce corps, laisser le bébé avancer, lui qui connait tant ce chemin alors qu’il ne l’a jamais emprunté. Je teste différentes positions : allongée, accroupie avec mon buste appuyé sur le ballon, … et puis finalement je suis mieux assise contre le ballon sur lequel est assis Florian. Laure lui propose de m’étirer le dos à chaque contraction. Je lève les bras et cherche son cou à chaque vague. J’aime le savoir contre moi à vivre chacune de mes contractions. Un mouvement répétitif, presque dansé qui est important pour moi pour lui signifier qu’une contraction arrive et la vivre avec lui. Pendant ce temps de travail du corps, je suis concentrée et je ne parle pas. Je répète sans cesse à ce bébé qui est en train de vivre cette aventure d’une vie : « Courage bébé, on va y arriver ! » « Je suis avec toi ! » Et quelle aventure ! Un passage d’un monde de douceur, de protection, enveloppé d’amour à un monde plus brut qu’il faudra apprendre à découvrir, à apprivoiser et à apprécier parce qu’il a quand même de superbes choses à nous offrir. Florian est bien présent dans notre aventure. Il est là pour me mettre en confiance, pour assurer ce lien entre notre bébé et moi, s’il m’échappe. Merci Muriel ! C’est elle qui nous a apporté cette vision de l’accouchement ou la relation prime sur tout. Relation au bébé, relation à Florian. Laure est présente de manière plus discrète pour nous laisser vivre ce qu’on a à vivre tout en nous soutenant. Elle vient de temps à autre et me masse le dos. Ses allers et venues m’apportent aussi de la force mentale pour ce marathon. Elle me propose à un moment de sortir des sons graves. J’en suis incapable. Ma voix reste bloquée et ne veut pas sortir. Je continue avec mon rythme de respiration. Je ne parle pas, je communique avec mon souffle et je me sens en communion avec bébé et avec Florian et Laure qui me soutiennent. Après différents changement de position depuis la perte des eaux, je me retrouve sur le siège d’accouchement où j’ai l’impression que la position me convient mieux au moins pour un petit moment.
Je me souviens à un moment d’un début de découragement alors que je n’ai aucune idée du temps qui passe. « Laure, est-ce que le bébé descend ? » Je commence à me dire que si ce long travail ne le fait pas avancer, je ne sais pas si je pourrai « tenir » encore longtemps. J’ai besoin de savoir et de me sentir rassurée pour avoir le courage de continuer. Laure ne répondra ni oui ni non, de toute façon, je ne sais pas si elle le sait vraiment. Je me contenterai de sa réponse pour rassembler mes forces et repartir dans cette quête de relâchement du corps et de l’esprit : « Accepte la douleur et accompagne-là, elle sera d’autant moins prégnante, fais confiance, abandonne-toi et vis ce que tu as à vivre. La nature est plus forte que tout ce que tu peux maitriser. » Je crois que c’est en cela qu’une naissance peut aussi parfois être synonyme de mort, dans l’abandon, le lâcher-prise et la confiance de ce qui advient.
Laure nous prévient qu’elle appelle la seconde sage-femme qui arrive quelques temps plus tard. On sait que l’accouchement en lui-même, même s’il a commencé depuis un bon moment est imminent. Pendant tout ce temps de « vagues », je ne veux rien boire, rien manger, je suis dans ma bulle, comme en transe où je suis connectée à ce que je vis en profondeur. J’aime l’idée de vivre cette expérience le soir, l’ambiance de la fin de journée m’apaise avec cette obscurité qui grandit doucement.
Quand la sage-femme de soutien arrive, Laure me demande si je veux qu’elle entre dans la chambre pour se présenter. Je lui réponds que je m’en fiche. Cela ne me gêne pas qu’elle rentre ou de ne pas la voir. Cela ne changera rien pour moi.
Avec cette impression que peu de temps se sont passés depuis, Laure qui était présente dans la chambre avec nous, ressort alors que je sens comme un énorme boulet de canon sur mon périnée. Je crois que j’ai conscience de ce que c’est mais je ne le dis pas. Je le garde d’abord pour moi comme un secret, un moment magique, puis je le partage à Florian « Je crois qu’il arrive. » Je suis en confiance. Ensuite, je ne sais plus exactement dans quel ordre se sont passées les choses mais Florian, d’un premier réflexe de panique a émis un cri d’appel : « Laure ! » qui finalement n’est pas sorti très fort et ne pouvait lui parvenir. Il n’a pas réitéré, la confiance l’avait sûrement gagné. Dans ma tête, je me demandais juste comment ne pas faire tomber bébé depuis le siège d’accouchement, il arrivait vraiment et je sentais que c’était imminent, il fallait vite réfléchir. D’abord, j’ai pensé à me mettre accroupie à fleur du sol pour « déposer » le bébé puis je ne sais pas pourquoi je n’y avais pas pensé avant, mais j’ai demandé à Florian s’il se sentait de l’accueillir. Je l’ai vu partagé entre un élan pour tendre ses mains et sa tête qui le rappelait à ce qu’il était en train de vivre et le retenait dans ses peurs. Je ne voulais pas le mettre mal à l’aise. Il me semble que j’ai ensuite tendu mes bras et j’ai pu accueillir bébé tout doucement. C’était fou ! Il ne s’était pas passé beaucoup de temps depuis que j’avais senti cette énorme pression sur mon périnée. Et tout ça s’était, en même temps, passé de manière hyper calme et en confiance. Je revois Laure passer la tête derrière la porte pour prendre des nouvelles comme elle le faisait et s’étonner de voir le bébé dans mes mains. Je l’entends appeler Catherine (la deuxième sage-femme) avec beaucoup de surprise et d’émotion dans la voix comme si quelque chose d’impressionnant venait d’arriver. Le temps m’échappant, je ne savais pas s’il était plutôt minuit ou une heure du matin. En tout cas, il faisait noir à l’extérieur. J’ai été surprise d’apprendre qu’il était 20h35 à ce moment-là. C’est l’heure que Laure a inscrite sur le carnet de santé de Judith.
Après, mes souvenirs sont plus flous, je pense que le marathon terminé, je pouvais davantage lâcher. Il y a eu (sûrement dans le désordre) les premiers soins, le premier caca sur moi quand il était en peau à peau, la question « au fait, est-ce une fille ou un garçon ? Alors ce sera Judith ! », le peau à peau sur Florian pendant que Laure me recousait et que le placenta sortait, l’émotion de devenir parents et de découvrir cette petite vie qui avait grandi en moi et que l’on avait créée, la commande de sushis pour Florian et Laure qui adorent ça, les propositions pour moi de manger mais je n’avais pas très faim. Seules, quelques petites tartines d’houmous sont venues m’apporter des forces. D’ailleurs, je n’en avais plus trop. En essayant de m’asseoir dans le lit pour que Judith puisse boire à mon sein, j’ai senti un début de malaise.
Je me rappelle de l’annonce à papa et maman vers minuit qui s’étaient mis au lit en étant en lien avec nous depuis le milieu de matinée. Ils avaient préparé dans l’après-midi 2 plats de gratin camarguais et des gâteaux pour que l’on puisse en avoir aussi dans la semaine.
Après tous les soins et nos premiers moments à 3 accompagnés par Laure et Catherine, Laure est rentrée chez elle vers 1h et Catherine s’est couchée dans le salon. Nous étions tous les 3 dans le lit de la chambre verte où nous avions vécu une aventure folle ! Judith était en couche entre un coussin d’allaitement et moi, et Florian à côté. Nous avons essayé de dormir avec ce mélange d’excitation, d’émotion et de fatigue. C’était le début d’une autre aventure !

 

 

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer